Des Jeunes agés de 16 à 30 ans qui disent qu’ils ont choisi cette vie.

  • Des jeunes en errance dite « active », qui affirment avoir choisi ce type de vie dans une démarche de rupture sociale construite. Ils sont punks, zonards, travellers…
  • Des jeunes en errance dite « territoriale », emportés dans une dynamique d’échecs et d’exclusion, qui subissent l’errance et qui s’y adaptent de façon à survivre. Leur périmètre d’action est souvent limité à un bassin de vie au sein duquel ils vont de structures en structures sans sembler vouloir ou pouvoir engager de démarches de stabilisation.
  • Des grands lycéens, des jeunes étudiants et des jeunes travailleurs qui s’engagent peu à peu dans l’errance à l’occasion de dynamiques festives (locales, hebdomadaires, estivales, festivalières) et par la rencontre des publics déjà en errance présents dans leurs proximités.

    → Dernière mise en ligne.

  •  Sujet : 
  •  Auteur - Théme  : Articles, revues... ; Contribution à la stratégie de lutte contre la pauvreté des jeunes vulnérables ; Pratiques et acquis des hébergements inconditionnels de longue durée ;Nouveautés sur le site Jeunes en errance


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>>Séminaire "Zones frontières. Pauvretés, politiques sociales, interventions"

23 septembre 2015

A l’université de Créteil (94) six après-midi de novembre 2015 à février 2016, six chercheurs viennent présenter leur travail. Quartiers populaires, squats, hébergement-logement, parcours de migration, démarches et méthodologies de recherche...
Ce séminaire en accès libre est ouvert aux intervenants sociaux.
Présentation complète :

Séminaire « Zones frontières.
Pauvretés, politiques sociales, interventions »
2015-2016
Lieu :
UPEC / Immeuble Pyramide / Salle 104
80 avenue du Général de Gaulle, 94009 CRÉTEIL
Métro Ligne 8 Arrêt Créteil L’Échat-Hôpital Henri Mondor
Organisateurs :
Patrick BRUNETEAUX, Chargé de recherche au CRPS-CESSP/Université Paris1 patrick.bruneteaux@univ-paris1.fr
Cédric FRÉTIGNÉ, Professeur en sciences de l’éducation, Université Paris Est Créteil Val de Marne, LIRTES, cedric.fretigne@u-pec.fr
Tristana PIMOR, Maître de Conférences en Sciences de l’éducation, Université Paris Est Créteil Val de Marne, LIRTES, tristana.pimor@u-pec.fr
Thomas SAUVADET, Maître de Conférences en Sociologie, Université Paris Est Créteil Val de Marne, LIRTES, thomas.sauvadet@u-pec.fr
Horaires :
13h30-16h
Séance n° 1 : Jeudi 19 Novembre 2015
Intervenant : Jean-François LAÉ, Professeur de sociologie à l’Université Paris 8, l’Université Paris 13, CRESPPA,
Titre de l’intervention : « Pour une sociologie narrative »
Animateur : Cédric FRÉTIGNÉ
Argumentaire :
On invite assez fréquemment le candidat à l’entrée dans le métier de sociologue à « construire son objet », à s’inscrire dans une démarche d’objectivation des données, à tenir sa subjectivité à distance. A l’inverse, d’autres appellent à inclure la personne de l’enquêteur dans le compte rendu de l’enquête, considérant qu’il est bien partie-prenante du puzzle sociologique qu’il entend résoudre. On peut aussi, comme le propose Jean-François Laé, s’en tenir à une coprésence. Etre là, partager du temps avec les personnes, être intrusif sans excès, jouer de son ignorance pour accéder aux clés de compréhension fournies par les personnes elles-mêmes, ne pas cacher ses étonnements pour relancer la discussion, les explications voire les justifications, assumer ses bourdes et observer les réponses qui leur sont données, surtout laisser la parole. C’est la démarche d’enquête adoptée dans l’ouvrage du sociologue publié en 2015, Dans l’oeil du gardien. Dans ce séminaire, Jean-François Laé fera retour sur l’histoire de la réhabilitation/requalification d’un HLM de la banlieue nord de Paris, vue sous l’angle de gardiens d’immeuble, mais aussi d’habitants, de bailleurs sociaux et de décideurs politiques locaux… mais aussi sur l’histoire de sa propre enquête, sur ses conditions d’effectuation et sur le projet de publication mené dans le cadre d’une sociologie narrative.
Séance n° 2 : Jeudi 3 décembre 2015
Intervenants : Thomas AGUILERA
Titre de l’intervention : « Les projets de normalisation de squats et de bidonvilles comme instruments de filtrage. Une approche comparative Paris / Madrid »
Animatrice : Tristana PIMOR
Argumentaire :
Les villes européennes du début du XXIe siècle connaissent encore de nombreux squats et bidonvilles malgré la mise en oeuvre de certaines politiques de résorption comme ce fut par exemple le cas dans les régions de Paris et de Madrid dès les années 1960. Interrogeant cette persistance sous l’angle de la gouvernabilité des métropoles actuelles et de l’informalité urbaine, Thomas Aguilera montrera tout d’abord que des politiques publiques prenant pour cibles ces illégalismes de logement autrement que par le travail policier peuvent s’institutionnaliser autour d’instruments propres mis en oeuvre par des administrations spécifiques et dotées en budget. Deux instruments privilégiés (conventions d’occupation précaires et projets) sont mobilisés. Recyclés à partir d’anciens dispositifs, ils sont présentés comme des instruments inclusifs. Thomas Aguilera démontrera pourtant qu’ils contribuent à fragmenter les groupes de cibles et les territoires en agissant comme des filtres : souvent couplés avec des stratégies d’inaction publique qui laisse la main aux procédures de rétablissement de l’ordre public, ils sélectionnent de nouveaux bénéficiaires mais refoulent de nouvelles victimes aux portes des métropoles et à distance des aides sociales et du droit commun. Les squats et les bidonvilles sont gouvernés, mais de façon discontinue et leur
persistance n’est pas le résultat d’une faillite des politiques publiques mais bien de la sédimentation de stratégies d’acteurs publics à différents niveaux.
Séance n° 3 : Jeudi 17 décembre 2015 Intervenante : Pascale JAMOULLE, docteur en anthropologie. Chargée de cours à l’Université de Mons et à l’Université de Louvain-la-Neuve. Titre de l’intervention : « Par-delà les silences. Non-dits et ruptures dans les parcours d’immigration »
Animateur : Thomas SAUVADET Argumentaire : L’intervention portera sur le travail de l’exil et les difficultés du métissage socio-culturel dans les quartiers populaires, marqués par la précarisation et la ségrégation urbaine. Pascale Jamoulle présentera les résultats d’une enquête de terrain de deux années auprès de migrants et de descendants de migrants vivant en Seine-Saint-Denis. Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui vivent une triple rupture : avec leur passé (quand il ne leur est pas transmis), avec leurs langues et leurs cultures d’origine (quand celles-ci sont censées disparaître) et avec la réussite sociale dans le pays d’installation (quand elles se sentent mises au ban).
Séance n° 4 : Jeudi 7 janvier 2015
Intervenant : Lucia KATZ, Docteure en histoire, chercheuse associée au Centre de recherche en histoire du XIXe siècle (CRHXIX), Université Paris 1
Titre de l’intervention : « Comment et pourquoi l’hospitalité s’est-elle institutionnalisée ? »
Animateur : Patrick BRUNETEAUX
Argumentaire :
« J’ai jugé qu’ayant vécu longtemps au milieu des malheureux, comme malheureux d’abord [...] Ensuite comme employé dans un asile en qualité de surveillant-secrétaire, j’ai jugé, dis-je, qu’il était bon de fixer un peu tout le monde sur les agissements, la forme des asiles, etc. et surtout du résultat obtenu. » Ainsi s’exprime Charles Goujard après son séjour prolongé à l’asile de nuit. Son témoignage s’avère sévère. Cependant, il fallait fonder ces refuges pour pouvoir y passer. Avant 1872, il n’existe pas, en France, d’abris pour les plus pauvres. Quelques années après la Commune, l’émergence des premières maisons d’hospitalité est encouragée. Bien que l’inspiration soit catholique, bourgeoise et monarchiste, un maillage d’asiles de nuit privés, puis publics, se met progressivement en place. Comment et pourquoi l’hospitalité s’est-elle institutionnalisée ? Quels sont les présupposés et les pratiques des administrateurs, au jour lejour, dans l’expérience effective des asiles de nuit ? Telles sont les questions auxquelles Lucia Katz essayera de répondre lors de son intervention.
Séance n° 5 : Jeudi 21 janvier 2015
Intervenante : Pascale PICHON, Professeure de sociologie, Université de Lyon/Université Jean Monnet-Saint-Etienne, Centre Max Weber UMR 5283
Titre de l’intervention : Le « chez soi », une catégorie de l’’action sociale et de l’expérience commune : accord ou distorsion ?
Argumentaire : A partir des résultats de deux enquêtes de terrain, Pascale Pichon interrogera les significations du « chez soi » en tant que catégorie de l’expérience sociale et comme catégorie construite de l’action publique en direction des sans-abri. C’est depuis ce transfert de l’expérience commune à un objectif d’action sociale que se dévoileront un ensemble d’enjeux pratiques, éthiques et politiques. En prenant appui tout d’abord sur une enquête ethnographique récente réalisée avec des jeunes chercheur-e-s, elle développera la manière dont s’est construite une théorie ancrée des conditions de possibilité de chez soi. Elle s’appuiera également sur une enquête en cours portant sur la question de l’économie domestique qui accompagne les manières précaires et transitoires d’habiter. Ce qui permettra de mettre en critique et en débat la traduction pratique du Housing first en France : non pas exactement le droit à être logé mais le droit à être logé et accompagné pour se socialiser dans un « chez soi ».
Animateur : Patrick BRUNETEAUX
Séance n° 6 : Jeudi 18 février 2016
Intervenant : Patrick BRUNETEAUX, Chargé de recherche au CRPS-CESSP/Université Paris1
Titre de l’intervention : « Alternatives à la domination et fabrications identitaires : l’onirisme social chez les sous-prolétaires à la rue masculins »
Animateur : Cédric FRÉTIGNÉ
Argumentaire :
La communication tirée de l’ouvrage Les mondes rêvés de Georges, est une tentative visant à conjuguer deux points de vue presque toujours opposés sur les plus pauvres de nos sociétés développées : la pensée de la domination et du manque surdéterminés par le bio-pouvoir d’un côté ; et de l’autre, celle de la domination associée surtout à la sociologie de la subjectivation, comprenant des fabrications identitaires, sociales ou matérielles. Cet effort pour tenir ces deux versants de la pensée des dominés se différencie en trois ordres de réalités à objectiver : d’un côté un rapport à la domination qui peut signifier la résistance dans l’usine (syndicalisme) comme son refus (fuite), de l’autre, un investissement alternatif au sein d’une dissidence (rue, biffins, nuit, alcool, sexualité) qui n’interdit pas des proximités avec le monde ordinaire (police, intérim, voisinage) ; enfin, l’édification d’un monde symbolique propre, identités déclaratives, roman personnel, fictive story telling qui jalonnent les plans de vie alternatifs. L’onirisme social se propose comme concept chevillé à la théorie de l’habitus visant à mieux le spécifier en tenant compte des propriétés des mondes extrêmes et de leurs effets sur les dynamiques identitaires latérales des plus dominés (noirs des ghettos, déportés, esclaves, prolétaires des grandes usines fordiennes, sous-prolétaires à la rue…). Le terrain restitué ici concerne les hommes à la rue de l’agglomération parisienne et de Lyon depuis 1995.


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