Des Jeunes agés de 16 à 30 ans qui disent qu’ils ont choisi cette vie.

  • Des jeunes en errance dite « active », qui affirment avoir choisi ce type de vie dans une démarche de rupture sociale construite. Ils sont punks, zonards, travellers…
  • Des jeunes en errance dite « territoriale », emportés dans une dynamique d’échecs et d’exclusion, qui subissent l’errance et qui s’y adaptent de façon à survivre. Leur périmètre d’action est souvent limité à un bassin de vie au sein duquel ils vont de structures en structures sans sembler vouloir ou pouvoir engager de démarches de stabilisation.
  • Des grands lycéens, des jeunes étudiants et des jeunes travailleurs qui s’engagent peu à peu dans l’errance à l’occasion de dynamiques festives (locales, hebdomadaires, estivales, festivalières) et par la rencontre des publics déjà en errance présents dans leurs proximités.



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>>La stratégie nationale 2020-2022 pour la prévention et la protection de l’enfance

22 octobre 2019

Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, vient de présenter la « stratégie nationale » qu’il propose pour dépasser le malaise, les insatisfactions, les échecs et les interrogations liés à la façon dont la protection de l’enfance est mise en œuvre en France.
Ce travail n’est pas un élément de plus parmi les rapports récents (Conseil Economique, Social et Environnemental ; Assemblée Nationale) traitants de cette question, mais une synthèse de ces rapports articulée avec le produit de groupes de travail, de contributions institutionnelles et expertes, et d’une consultation citoyenne, Les associations de jeunes anciennement suivis par l’ASE ont été partie prenantes de ces consultations., ainsi que des jeunes actuellement suivis.
Le résultat est à la fois riche et décevant. Il est riche car l’état des lieux présenté est impitoyable : ça dysfonctionne à tous les étages. La prévention primaire fonctionne mal, d’importantes inégalités de traitement des personnes existent selon les départements, ceci majorée avec les départements des outre mers, les besoins sont largement supérieurs aux possibilités de réponse, les mineurs pris en charge ont clairement moins de chances sociales que les autres, il n’y a pas de coordination instituée entre le social, le médicosocial et la pédopsychiatrie… Tout y est.
Le problème est dans les réponses apportées. D’une part parce que depuis la décentralisation de l’action sociale et de la protection de l’enfance (hors PJJ et SDF) l’Etat n’a plus de moyens forts d’intervention à part la production de lois de cadrage global (cf. la loi de 2016) et de possibles incitations financières. Et les préfectures sont dans l’incapacité d’apprécier la qualité des schémas départementaux de protection de l’enfance faute de cadres qualifiés et de volontés fortes d’intervention sur ceux-ci. Le problème est aussi que les départements voient les crédits du social augmenter chaque année d’un taux directeur indexé sur l’inflation, alors que les effets de la crise sociale font que le nombre de personnes à aider s’est développé exponentiellement. D’où, à propos d’errance, la fermeture d’actions de prévention spécialisée et de Contrats Jeunes Majeurs qui ne sont que des actions « possibles » au titre de la loi.
Le problème plus concret de ce travail est qu’il renvoie assez systématiquement à des groupes de travail thématiques dont la composition et les échéances sont bien floues la responsabilité de l’élaboration et du suivi de mesures concrètes, se cantonnant à l’énonciation de positions et de volontés générales.
Enfin, s’agissant de la prise en compte des prémices de l’errance par les fugues institutionnelles, de l’effet ravageur des ruptures de placements, de l’accueil inconditionnel de mineurs en rupture, du chambardement nécessaire dans la routine des mesures de protection successives, de l’inadaptation des dispositifs d’aide à l’insertion… on attendra la production des groupes de travail. Mais soyons rassurés, les examens de santé seront renforcés pour la petite enfance et des passerelles ASE-préparation aux Grandes Ecoles vont être créées.
Le document complet est accessible :
https://solidarites-sante.gouv.fr/I...


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