Des Jeunes agés de 16 à 30 ans qui disent qu’ils ont choisi cette vie.

  • Des jeunes en errance dite « active », qui affirment avoir choisi ce type de vie dans une démarche de rupture sociale construite. Ils sont punks, zonards, travellers…
  • Des jeunes en errance dite « territoriale », emportés dans une dynamique d’échecs et d’exclusion, qui subissent l’errance et qui s’y adaptent de façon à survivre. Leur périmètre d’action est souvent limité à un bassin de vie au sein duquel ils vont de structures en structures sans sembler vouloir ou pouvoir engager de démarches de stabilisation.
  • Des grands lycéens, des jeunes étudiants et des jeunes travailleurs qui s’engagent peu à peu dans l’errance à l’occasion de dynamiques festives (locales, hebdomadaires, estivales, festivalières) et par la rencontre des publics déjà en errance présents dans leurs proximités.

>>Vichy - décembre 2003

1er janvier 2003
Auteur : 

Un réseau, des rencontres

Le réseau national « Jeunes en errance », né des actions expérimentales conduites dans les festivals
par les CEMEA depuis 1991, est né « officiellement » en 1997 avec l’intérêt qu’y a apporté Xavier
Emmanuelli, Secrétaire d’Etat à l’action humanitaire d’urgence, et avec le soutien financier alors
engagé par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité.

Une des faces visibles de l’existence de ce réseau est l’organisation annuelle d’une rencontre
nationale ouverte à tous les intervenants au travail avec des jeunes en rupture sociale revendiquée.

Ces rencontres sont préparées et conduites par le « groupe de pilotage » du réseau national constitué
de professionnels, référents des réseaux régionaux. Elles sont placées sous la responsabilité des
CEMEA, sont organisées de façon itinérante dans des villes où interviennent des correspondants du
réseau national, et sont intégralement financées par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité.

Ces rencontres nationales existent de fait depuis 1995, alors centrées sur les interventions
festivalières. Elles existent de façon rigoureuse, formalisée, articulée avec les préoccupations
professionnelles des correspondants du réseau depuis 1998.

La rencontre 2002 centrée sur « Habiter-logement » ayant montré tout l’intérêt qu’il y a avait à
thématiser l’ensemble des échanges, le même principe a été retenu pour 2003 avec le thème central
et polymorphe « Corps-soins-santé ».
La rencontre 2003 a été préparée par Thierry Morel, Myriam Biodjekian, Thierry Béharel, Pierre
Coupiat, Françoise Gache, Danielle Chérifi, Djemila Zéneidi, François Chobeaux.
Idées débattues en préparation :

  • Le soin et la santé comme médiateurs de relations, et comme prétextes et supports
    d’attentions apportées à soi même.
  • Le risque de fragmentation du corps par une approche santé trop biologique, trop sectorielle.
  • Les injonctions-santé envahissantes : contrats RMI avec bilans et soins dentaires,
    sanitarisation des conduites de vie… Autant d’intrusions et de morcellements.
  • Corps et narcissisation : mieux s’aimer pour mieux être. Dans cette logique c’est la
    narcissisation qui entraîne la modification des façons d’être, à l’inverses d’une approche
    comprtementaliste où la transformation d’un comportement vaudrait preuve de modification de
    l’être.
  • Le corps comme lieu d’appartenance et signe de mauvaise réputation. Le délit de sale corps.
  • Ils savent bien ce qu’ils sont, et dans quel état ils sont. Quand on leur parle de leurs dents on
    leur renvoie alors leur monstruosité.
  • Les évolutions des signes de la corporalité démonstrative, indicateur précieux pour
    l’accompagnant.
  • Contre transfert des intervenants sociaux : « aimer assez les personnes pour les empêcher de
    mourir ».
  • Corps et sexe.

Les rencontres 2003

Première journée.

Matinée : petits groupes en parallèle sur la même question faisant introduction aux échanges :
« Quand je dis et pense corps, soins, santé, je pense à quoi ? ». Suivis d’un retour à l’ensemble.
Après midi : intervention introductive de Thierry Goguel d’Allondans : « Les conduites à risques des
jeunes à la lumière de l’anthropologie ».
Puis en trois groupes en parallèle avec comme question « Quelles réactions à ce qu’à dit Thierry
G. ? ».

Deuxième journée

Débat avec Olivier Chazy, Chargé de mission à la Direction Générale de l’Action Sociale. Le point de
vue des acteurs de terrain sur les dispositifs d’aide à l’insertion.
Puis les mêmes groupes que la veille, avec comme question « Les signes de la souffrance qui sont
donnés à voir. Comment se présentent-ils ? Peut-on en déduire des indicateurs de souffrance utiles
pour adapter les actions d’accompagnement ? »

Origine et limites de ce compte-rendu

Ce compte-rendu reprend les notes des animateurs des groupes de travail et celles prises durant les
débats à l’ensemble.

Il intègre également une rédaction de l’introduction de Thierry G., qu’il a relue.

Au risque de la simplification et de l’assèchement d’échanges riches et passionnés, il tente de
présenter au plus près ce qu’on été les points évoqués durant ces deux jours de travail.

La forme finale de la rédaction de ce compte-rendu est assumée par François Chobeaux.

Article tiré du site : https://jeunes-en-errance.cemea.asso.fr
Rubrique:  Les Actes des Rencontres annuelles du réseau